"24 ans, étudiant brillant, vigile de nuit : L'histoire de Jean Baptiste"

À 18h30 précises, Jean Baptiste change de visage. L'étudiant laisse place au vigile. À 24 ans, il mène une vie que peu de ses camarades soupçonnent. Quand les amphithéâtres se vident et que la ville ralentit, lui commence sa deuxième journée : une nuit entière à surveiller les domiciles et entreprises des autres, pour pouvoir financer ses propres études.

Jean Baptiste est étudiant dans une université publique. Chaque matin à 8h, il est sur le campus. Chaque soir, sans exception, il est en service. Son quotidien est réglé comme une horloge, mais une horloge qui ne connaît presque jamais le sommeil.

Un métier de l'ombre

Le travail de vigile est exigeant. De 18h30 à 5h du matin, Jean Baptiste effectue des rondes, reste attentif au moindre bruit, à la moindre silhouette suspecte. Il garde des villas, parfois des entrepôts ou des bureaux d'entreprise. La responsabilité est lourde : une erreur, une absence ou un incident peut lui coûter son poste. Et dans ce métier, la sécurité de l'emploi n'existe pas.

Pourtant, entre deux passages dans la cour silencieuse d'une entreprise, Jean Baptiste sort ses cahiers. Sous un lampadaire, à la lueur de son téléphone ou assis sur un tabouret en plastique, il révise ses cours, relit ses notes, s'exerce. « La nuit, c'est mon seul moment pour vraiment étudier », confie-t-il. Le silence l'aide à se concentrer, même si la fatigue est toujours là.

Dormir devient un luxe

À 5h du matin, son service prend fin. Il rentre rapidement chez lui. Le temps d'une douche, d'un changement de vêtements, d'une tasse de café. Dormir ? Rarement plus d'une heure. À 8h, Jean Baptiste est déjà assis en salle de cours.

De 8h à 17h, il enchaîne les enseignements, les travaux dirigés, les exposés. Certains jours sont plus durs que d'autres. Il lutte contre le sommeil, contre les maux de tête, contre l'épuisement. Mais il tient. Par nécessité.

Il arrive aussi que le service l'appelle en pleine journée. Une urgence, un remplacement, une surveillance imprévue. Il est alors contraint de quitter le cours, au risque de rater une leçon importante. « C'est toujours un choix douloureux », explique-t-il. « Mais sans le travail, je ne peux pas étudier. »

Brillant malgré tout

Malgré ce rythme, Jean Baptiste est reconnu comme l'un des meilleurs étudiants de sa promotion. Ses enseignants saluent la qualité de ses interventions, la pertinence de ses travaux. Peu savent qu'il n'a souvent pas dormi la nuit précédente.

Son histoire n'est pas un cas isolé. Dans de nombreuses villes africaines, des centaines d'étudiants travaillent comme vigiles, gardiens ou agents de sécurité pour survivre. Ils protègent les biens des autres pendant que leurs propres rêves sont mis à rude épreuve.

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