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Carrières subies : ces jeunes qui exercent un métier qu'ils n'ont jamais voulu

Rédigé par L’Étudiant Africain | Sep 20, 2026, 5:27:08 PM

Cet article-ci pose la suite, moins souvent formulée : que devient-il dix ans plus tard ?

 

Car le formulaire, lui, ne se souvient de rien. Il a été rempli, signé, classé. L'université a délivré son diplôme. Le concours a été réussi. Le cabinet a été ouvert, le poste a été obtenu, le salaire tombe. Vu de l'extérieur, tout est en ordre : voici un jeune professionnel de 30 ans qui « a réussi », que la famille cite en exemple aux cadets, qui envoie de l'argent au village. Vu de l'intérieur, il se passe parfois autre chose quelque chose qui n'apparaît dans aucune statistique de chômage, dans aucun bilan de politique éducative, et dont on parle très peu.

Marane Wane, coach et formatrice à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, décrit ce phénomène en des termes qui méritent d'être cités : « nous rencontrons de plus en plus d'adultes qui disent n'avoir jamais voulu faire le métier qu'ils exercent, qui leur a été imposé ». Ces personnes, poursuit-elle, « finissent par vivre une vie professionnelle par procuration, sans plaisir ni motivation ».

Par procuration. Le mot est juste. Il désigne cette situation particulière où l'on travaille, réellement et durement, mais pour le compte d'une décision prise par un autre, à une époque où l'on n'avait pas voix au chapitre.

Cette enquête va à la rencontre de trois de ces trajectoires. Puis elle examine ce que la science sait et sait très précisément des conséquences.

Portrait 1 — Le médecin qui dessinait

Il a trente-quatre ans. Il exerce dans un hôpital de district à deux heures de route d'une grande capitale d'Afrique centrale. Il est compétent : ses confrères le disent, ses patients aussi. Il fait, en moyenne, ce qu'un médecin de district fait partout sur le continent beaucoup, avec peu.

Dans un carton, sous son lit, il y a environ quatre cents dessins.

L'histoire commence en classe de troisième. Il dessine depuis l'enfance ; on le trouve doué ; les enseignants lui font faire les affiches du club de théâtre et les banderoles de la fête de fin d'année. Il obtient une moyenne solide en mathématiques et en sciences. C'est cette moyenne, et non les dessins, qui décide de la suite : le conseil de classe l'oriente en série scientifique. Personne ne lui demande son avis, et il n'aurait pas su quoi répondre il ne sait pas, à quinze ans, qu'il existe des écoles de design, des métiers de l'illustration, des débouchés dans l'animation, la direction artistique, l'architecture d'intérieur. Ces mots n'ont jamais été prononcés devant lui.

Le baccalauréat arrive avec mention. Dans la famille, l'affaire est entendue avant même d'être discutée : un enfant qui a une mention en série C fait médecine. Le père, instituteur retraité, l'annonce aux voisins le soir même. Un oncle promet de payer la première année. Une tante commence à parler de « notre docteur ».

Il aurait fallu, à ce moment-là, dire non. Il faut mesurer ce que cela aurait supposé : contredire publiquement un père qui a sacrifié trente ans de salaire modeste pour scolariser cinq enfants ; refuser une aide financière déjà promise ; défendre une option « je veux dessiner » qu'aucun adulte de son entourage ne peut relier à un revenu. Un adolescent de dix-huit ans, seul, ne dispose ni des arguments ni de la légitimité pour mener cette négociation. Il a dit oui.

Ce qu'il dit aujourd'hui, quand on l'interroge, est instructif. Il ne se plaint pas. Il explique que la médecine est un beau métier, que sauver des vies a du sens, qu'il a « fini par y trouver sa place ». Puis, plus tard dans la conversation, il ajoute qu'il ne se souvient pas de la dernière fois qu'il a eu envie d'aller travailler. Les deux affirmations coexistent sans se contredire dans son esprit. Le premier article de cette série a nommé ce mécanisme : la dissonance cognitive, cette réécriture de nos préférences pour les rendre compatibles avec une situation qu'on ne peut plus changer.

Le carton de dessins n'a pas été jeté. Il n'a pas non plus été ouvert depuis six ans.

Portrait 2 — La juriste qui voulait fabriquer des objets

Elle a vingt-neuf ans, un master en droit des affaires, et un poste de juriste dans une compagnie d'assurance d'une capitale ouest-africaine. Sa spécialité : la rédaction et la vérification de contrats.

Son histoire est différente de la précédente, et c'est ce qui la rend intéressante : personne, dans sa famille, ne lui a jamais dit « fais du droit ». On lui a dit quelque chose de plus efficace : « fais quelque chose de sérieux ».

Elle a longtemps voulu créer des objets du mobilier, des textiles, des espaces. En terminale, elle avait un cahier de croquis de meubles. Quand elle a évoqué une école de design, la réponse familiale n'a pas été un refus. Elle a été une question, posée sans agressivité : « Et tu vas travailler où, avec ça ? »

Elle n'a pas su répondre. C'est le point exact où l'orientation a basculé. Non pas par autoritarisme, mais par asymétrie d'information. Sa famille avait une réponse toute prête pour le droit les cabinets, les banques, les assurances, l'administration, tout le monde connaît un juriste. Elle n'avait aucune réponse pour le design, et elle-même n'en avait pas davantage. Dans une négociation où l'un des camps dispose d'un scénario chiffré et l'autre d'un cahier de croquis, l'issue n'est pas incertaine.

Cinq ans plus tard, elle est, sur le papier, une réussite parfaite : diplômée, employée, en CDI, autonome financièrement dans un environnement où l'emploi formel est rare. Elle sait aussi qu'elle a passé les deux dernières années à faire le strict minimum. Elle arrive à l'heure, rend ses dossiers dans les délais, ne prend aucune initiative, refuse les projets transversaux, et a décliné une promotion parce que « ça n'en valait pas la peine ». Elle ne se dit pas malheureuse. Elle se dit absente.

Le week-end, elle fabrique. Elle a une petite page où elle vend des pièces de mobilier en bois recyclé. Elle refuse de développer cette activité, pour une raison qu'elle formule très clairement : si elle échoue, elle donnera raison à tout le monde, quinze ans après.

C'est là que le coût de l'orientation subie cesse d'être seulement individuel. Une économie qui a besoin de créateurs d'entreprises dispose ici d'une entrepreneuse compétente, financièrement stable, avec un marché et qui n'entreprendra pas, par peur rétrospective.

Portrait 3 — L'ingénieur qui voulait travailler la terre

Il a trente-deux ans, un diplôme d'ingénieur en génie civil obtenu au terme de cinq années difficiles, et il travaille dans un bureau d'études sur des projets de voirie urbaine.

Il a grandi dans une exploitation familiale. Il connaît les cycles, les sols, les maladies du mil et du maïs, l'irrigation d'appoint. Adolescent, il voulait faire agronomie, monter une exploitation moderne, travailler sur les semences adaptées et les circuits de transformation locale.

C'est précisément à cause de cela que sa famille a refusé.

Ce point est essentiel et souvent mal compris. Le refus n'a pas été motivé par un mépris de l'agriculture, mais par une longue expérience de sa pénibilité et de son absence de rendement. Un père qui a passé sa vie à cultiver sans jamais sortir de la précarité ne souhaite pas que le premier de ses enfants à atteindre l'université retourne à la terre. Dans son système de représentation construit sur trente ans d'observation l'agriculture est ce dont on sort, pas ce vers quoi on va. « Ingénieur », en revanche, désigne le bitume, la ville, le salaire mensuel, le costume.

L'ironie est complète : le jeune homme voulait faire de l'agriculture autrement, avec les outils modernes qui auraient précisément permis de sortir du modèle qui a épuisé son père. Cette nuance était intransmissible, car elle supposait de connaître ce qu'est une filière agroalimentaire structurée, un dispositif d'irrigation goutte-à-goutte, un contrat de production. Personne autour de la table ne le savait.

Il a fait génie civil. Il a redoublé une fois. Il a terminé.

Aujourd'hui, il gagne correctement sa vie et présente les symptômes que la littérature clinique associe à l'épuisement professionnel : fatigue qui ne cède pas au repos, cynisme envers son travail et ses collègues, sentiment aigu de ne rien accomplir de valable. Il a consulté un médecin pour des maux de tête chroniques et des troubles du sommeil. Il n'a pas mentionné son travail au cours de la consultation il ne voyait pas le rapport.

Un cas documenté : quand l'histoire se termine autrement

Ces trajectoires ne sont pas des fatalités, et il existe des cas publics qui le prouvent.

L'astronome sénégalais Maram Kairé, aujourd'hui directeur général de l'Agence sénégalaise d'études spatiales, est fasciné par l'astronomie depuis l'âge de douze ans ; il avait construit un télescope à quatorze ans. Ses parents ne voulaient pas qu'il étudie l'espace. Il a donc étudié l'informatique, puis l'ingénierie des systèmes et réseaux en France. Il a ensuite conduit trois missions d'observation d'astéroïdes avec la NASA, présidé l'Association sénégalaise pour la promotion de l'astronomie, piloté le développement du premier satellite sénégalais, et un astéroïde porte désormais son nom.

Ce parcours est admirable. Il mérite aussi d'être lu froidement : il a fallu à cet homme des décennies, une réorientation adulte, un environnement international et une ténacité exceptionnelle pour revenir à ce qu'il voulait faire à douze ans. Combien de vocations comparables ne disposent d'aucune de ces ressources ?

Ce que la science appelle la « volition professionnelle »

Il existe un nom scientifique pour la différence entre le médecin du premier portrait et l'astronome. Ce n'est ni la passion ni la chance. C'est la volition professionnelle (work volition) : la perception qu'a une personne de disposer d'une liberté de choix dans sa carrière, en dépit des contraintes qui pèsent sur elle.

Le concept a été formalisé par David Blustein puis intégré à la Psychology of Working Theory (PWT) développée par Ryan Duffy et ses collègues à partir de 2016. La théorie est simple dans son architecture et implacable dans ses implications. Deux facteurs contextuels les contraintes économiques et la marginalisation pèsent sur deux ressources psychologiques : la volition professionnelle et l'adaptabilité de carrière. Ces deux ressources déterminent ensuite l'accès au travail décent, lequel conditionne la satisfaction des besoins fondamentaux, l'accomplissement au travail et le bien-être psychologique.

Autrement dit : la théorie postule que le sentiment d'avoir choisi n'est pas un supplément d'âme. C'est une variable causale.

Cette hypothèse a été testée. Une méta-analyse publiée en 2026 dans The Career Development Quarterly a agrégé 43 tailles d'effet issues de 42 publications, portant sur 18 659 personnes. Le résultat est net : la volition professionnelle est fortement associée à l'accès au travail décent (r = 0,48). L'effet ne varie pas significativement selon les dimensions culturelles étudiées ce qui compte ici, car cela signifie que le mécanisme n'est pas une particularité occidentale.

La recherche connexe est cohérente. La volition professionnelle est associée à la maturité vocationnelle, au sentiment d'efficacité dans la décision de carrière, à l'adaptabilité, au sens donné au travail et à la satisfaction professionnelle. À l'inverse, les études conduites au Brésil et en Corée du Sud montrent qu'une faible perception de choix se traduit par une évaluation plus négative de la vie et de la carrière, y compris chez des étudiants engagés dans des filières considérées comme prometteuses.

Le lien avec l'Afrique francophone n'est pas théorique. Kokou A. Atitsogbe, Paboussoum Pari, Jérôme Rossier et leurs collègues ont validé les instruments de la PWT au Togo puis, plus récemment, développé et validé une conceptualisation africaine du travail décent la Decent Work Triad sur des échantillons du Burkina Faso, de Suisse et du Togo. Ce sont les mêmes équipes qui, avec Issa Abdou Moumoula, travaillent sur l'indécision vocationnelle des lycéens burkinabè. La boucle est bouclée : c'est la même chaîne causale, observée à deux moments différents d'une même vie.

Les trois visages du coût

1. Le désengagement

C'est la forme la plus fréquente et la plus invisible. Elle ne produit ni arrêt de travail, ni démission, ni conflit. Elle produit un salarié qui exécute.

La littérature sur la congruence personne-environnement (person-environment fit) documente ce phénomène depuis un demi-siècle. Une méta-analyse de référence sur les conséquences de la congruence personne-poste, personne-organisation, personne-groupe, personne-supérieur établit ses liens avec la satisfaction, l'engagement et la performance. Les travaux plus récents sur l'incongruence des valeurs montrent qu'elle prédit le cynisme organisationnel, l'absentéisme, le désengagement et la baisse de performance.

La juriste du deuxième portrait n'est pas paresseuse. Elle est en incongruence. Son organisation la paie pour la totalité de son temps et reçoit une fraction de ses capacités et cette perte est parfaitement invisible dans les comptes de l'entreprise.

2. L'épuisement professionnel

C'est la forme aiguë. Les recherches sur le passage de l'incongruence personne-environnement au burnout montrent que le décalage entre les besoins motivationnels d'une personne et ce que son environnement de travail lui offre est associé à un épuisement émotionnel accru et à des symptômes physiques mesurables. Le burnout, tel que défini par Maslach, combine trois dimensions : épuisement émotionnel, cynisme (ou dépersonnalisation), et sentiment de non-accomplissement.

Cette troisième dimension mérite qu'on s'y attarde dans notre contexte. Le sentiment de non-accomplissement ne dépend pas de la performance objective. L'ingénieur du troisième portrait livre ses projets dans les délais. Il n'accomplit néanmoins, à ses propres yeux, rien du tout parce que ce qu'il accomplit ne figure pas dans le projet qu'il aurait voulu pour lui-même.

Il faut ajouter ici un facteur aggravant propre à de nombreux contextes africains : la faible disponibilité et la forte stigmatisation des soins en santé mentale. Un professionnel en épuisement consulte pour des céphalées, des troubles digestifs, de l'insomnie. Il repart avec un traitement symptomatique. La cause n'est jamais nommée.

3. Le sentiment d'échec

C'est la forme la plus injuste, parce qu'elle frappe des personnes qui ont objectivement réussi.

L'orientation subie produit une comptabilité intérieure faussée. Le sujet ne s'évalue pas par rapport à ses résultats, mais par rapport à une vie parallèle qu'il n'a pas vécue. Chaque réussite professionnelle est neutralisée par une comparaison avec un scénario hypothétique. Et parce que la décision initiale a été prise par d'autres, l'échec ressenti ne trouve jamais de responsable désigné : accuser sa famille est impensable elle a agi par amour et par prudence, alors le sujet s'accuse lui-même de n'avoir pas su se battre à dix-huit ans.

Personne, à dix-huit ans, ne dispose des ressources pour mener ce combat seul. C'est précisément ce qu'un dispositif d'orientation est censé fournir.

Le coût collectif : ce que perd une économie

Ramenons ces trois histoires à l'échelle d'un pays.

Le premier article de cette série rappelait qu'au Cameroun, si environ 80 % des jeunes en âge de travailler ont moins de 25 ans et que 69,1 % d'entre eux sont en activité, 88,6 % occupent des emplois informels. Les données mobilisées par les chercheurs travaillant sur le travail décent au Burkina Faso montrent de leur côté un marché où l'emploi informel hors agriculture atteint 85,5 %, où 5 % seulement des travailleurs relèvent du secteur formel, et où le chômage frappe bien plus durement les diplômés (23,4 %) que les personnes sans instruction (1,8 %).

Dans un tel environnement, chaque diplômé du supérieur est une ressource rare nous parlions dans le premier article d'un taux brut de scolarisation dans le supérieur de 9 % en Afrique subsaharienne, contre 43 % en moyenne mondiale. Un jeune sur dix accède à l'université. Et parmi ceux-là, une proportion inconnue mais manifestement non négligeable exerce à 40 % de ses capacités dans un métier qu'elle subit.

Il n'existe, à notre connaissance, aucune étude africaine chiffrant cette perte. C'est en soi le constat le plus préoccupant de cette enquête. On mesure le chômage des diplômés ; on ne mesure pas leur mésaffectation. Une politique publique qui ignore une variable ne peut pas la corriger.

Sortir : ce que montrent les trajectoires réussies

Trois enseignements se dégagent des parcours qui se dénouent, y compris celui de Maram Kairé.

Une réorientation adulte n'est pas un aveu d'échec, c'est une correction d'information. Le jeune de dix-huit ans a choisi avec les données dont il disposait. À trente ans, il en a d'autres. Réviser une décision à la lumière d'informations nouvelles est la définition même de la rationalité, pas son contraire.

La bifurcation est rarement totale. L'astronome sénégalais n'a pas jeté son diplôme d'informatique : il a construit sa carrière spatiale dessus. Le médecin qui dessine peut devenir illustrateur médical, concepteur de supports de santé publique, formateur en communication sanitaire. La juriste peut faire du droit de la propriété intellectuelle appliqué au design. L'ingénieur en génie civil possède exactement les compétences qu'exige l'ingénierie des aménagements hydro-agricoles. Les vocations écartées ne disparaissent pas ; elles se rejoignent par des trajets latéraux que personne n'a jamais cartographiés pour ces jeunes.

Le levier décisif reste en amont. Aucun accompagnement à trente ans ne coûte aussi peu qu'une heure d'orientation bien conduite à quinze. C'est l'argument central de cette série, et il est économique autant qu'humain.

Conclusion : nommer ce qui n'a pas de nom

Il y a, dans nos sociétés, un vocabulaire riche pour l'échec scolaire, le chômage, la déscolarisation. Il n'existe pas de mot courant pour désigner la situation d'un adulte qui exerce correctement un métier qu'il n'a jamais voulu.

Cette absence de mot n'est pas anodine. Elle explique pourquoi ces personnes ne demandent pas d'aide : on ne consulte pas pour un problème qui n'a pas de nom, surtout lorsqu'on est, aux yeux de tous, un exemple de réussite. Elle explique aussi pourquoi le phénomène n'apparaît dans aucune politique publique.

La psychologie du travail, elle, a un mot : volition. La liberté perçue de choisir, malgré les contraintes. C'est une variable mesurable, associée de manière robuste à l'accès au travail décent, et qui se construit ou se détruit bien avant l'entrée dans la vie active, dans les couloirs des lycées, autour des tables familiales, et sur le formulaire d'inscription de juillet.

Le prochain article de cette série quittera le monde du travail pour revenir à l'université : nous suivrons les premières semaines des nouveaux bacheliers, ce moment où un élève encadré devient, en quelques jours, un étudiant livré à lui-même.

Bibliographie

Volition professionnelle et travail décent

  1. Duffy, R. D., Blustein, D. L., Diemer, M. A. & Autin, K. L. (2016). « The Psychology of Working Theory ». Journal of Counseling Psychology, 63(2), 127-148.
  2. Atay, S. et al. (2026). « Work Volition and Decent Work: A Meta-Analysis ». The Career Development Quarterly.
  3. « Work volition: A systematic review of the literature and agenda for future research » (2025). Journal of Vocational Behavior.
  4. Duffy, R. D., Choi, Y., Kim, H. J. & Park, J. (2024). « Recommendations for Conceptualizing and Measuring Constructs Within Psychology of Working Theory ». Journal of Career Assessment.
  5. Atitsogbe, K. A., Kossi, E. Y., Pari, P. & Rossier, J. (2021). « Decent Work in Sub-Saharan Africa: An Application of Psychology of Working Theory in a Sample of Togolese Primary School Teachers ». Journal of Career Assessment.
  6. Atitsogbe, K. A., Ouedraogo, A., Pari, P. & Rossier, J. (2024). « Toward a conceptualization of decent work in Africa: Development and cross-cultural validation of the Decent Work Triad in Burkina Faso, Switzerland, and Togo ».