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Harcèlement sexuel sur les campus : Cinq ans après le scandale BBC, rien n'a changé

Rédigé par Linda Silim Moundene | Feb 8, 2026 3:13:24 AM

En octobre 2019, la BBC publiait "Sex for Grades", une enquête choc de douze mois menée dans les universités du Nigeria et du Ghana. Équipées de caméras cachées, les journalistes de BBC Africa Eye documentaient ce que tout le monde savait mais que personne ne voulait voir : des professeurs exigeant des rapports sexuels en échange de notes, menaçant d'échecacadémique les étudiantes qui refusaient, abusant de leur position de pouvoir avec une impunité totale. Les images étaient accablantes. Un professeur ghanéen surpris en train de harcelerune fausse étudiante dans une chambre d'hôtel. Un maître de conférences nigérian admettant ouvertement ses pratiques prédatrices. Le documentaire fit l'effet d'une bombe. Des professeurs furent suspendus. Des universités promirent des réformes. L'Afrique de l'Ouest découvrait ou feignait de découvrir l'ampleur d'un fléau que les militantes féministes dénonçaientdepuis des décennies.

Depuis le reportage, de nouveaux scandales ont éclaté : au Cameroun, des étudiantes de l'Université de Douala ont dénoncé publiquement leurs harceleurs ; en Côte d'Ivoire, le hashtag #BalanceTonProf a inondé les réseaux sociaux ; au Kenya, des professeurs de l'Université de Nairobi ont été traduits en justice. Mais qu'a vraiment changé le documentaire de la BBC ?Pourquoi a-t-il fallu qu'un média occidental déclenche le scandale alors que les médias africains, les associations féministes, les syndicats étudiants dénonçaient ces pratiques depuis des années ? Et surtout, qu'est-ce que ce décalage révèle sur la manière dont la parole des victimes africaines est ou n'est pas prise au compte ?

Cet article analyse l'impact de l'enquête BBC de 2019, les évolutions constatées sur le terrain cinq ans plus tard, et interroge les dynamiques de pouvoir qui déterminent quelles voix sontentendues et quelles dénonciations sont prises au sérieux.

 

"SEX FOR GRADES" : ANATOMIE D'UN SCANDALE PLANÉTAIRE

Une enquête qui révèle un système, pas des cas isolés

Le documentaire "Sex for Grades : Undercover inside Nigerian and Ghanaian universities", diffusé le 7 octobre 2019 par BBC Africa Eye, n'était pas le fruit d'une investigation opportuniste. C'était une enquête méticuleuse menée pendant douze mois par la journaliste nigérienne Kiki Mordi et son équipe, s'appuyant sur des dizaines de témoignages d'étudiantes et sur des images captées en caméra cachée.

Les universités ciblées étaient parmi les plus prestigieuses de la région : l'Université de Lagos (UNILAG) au Nigeria, et l'Université du Ghana à Legon. Ce que l'enquête révélait n'était pas quelques "brebis galeuses", mais un système institutionnalisé de harcèlement sexuel : des professeurs qui faisaient du chantage sexuel une pratique banalisée, des administrations qui fermaient les yeux, des mécanismes de signalement inexistants ou inefficaces, et une culture du silence qui protégeait les prédateurs.

Les séquences les plus choquantes montraient le Dr Boniface Igbeneghu, maître de conférences et pasteur à l'UNILAG, piégé par une journaliste se faisant passer pour une étudiante, admettant pratiquer le "cold room" (chambre froide, euphémisme pour rendez-vous sexuel forcé) et essayant de l'embrasser. Au Ghana, le Dr Paul Kwame Butakor, maître de conférences endroit, était filmé harcelant sexuellement une fausse étudiante dans une chambre d'hôtel, lui promettant un "traitement spécial" académique en échange de faveurs sexuelles.

Un impact immédiat mais inégal

La diffusion du documentaire provoqua une onde de choc. En quelques jours, l'Université de Lagos suspendit immédiatement le Dr Igbeneghu. L'Université du Ghana fit de même avec le Dr Butakor et lança une enquête disciplinaire.

Les hashtags #SexForGrades et #EndSexualHarassment inondèrent Twitter et Instagram. Des étudiantes brisèrent le silence et racontèrent leurs propres expériences. Les médias africainset internationaux relayèrent massivement l'affaire.

Mais la réaction fut plus symbolique que structurelle. Les professeurs suspendus le furent sous la pression médiatique, pas parce que des mécanismes institutionnels avaient fonctionné. Aucune réforme systémique ne fut immédiatement adoptée. Aucune commission d'enquête nationale ne fut créée au Nigeria ou au Ghana pour mesurer l'ampleur du problème au-delà des deux universités exposées. Et surtout, les centaines de professeurs qui continuaient à harceler impunément dans d'autres universités n'ont jamais été inquiétés.

Une question essentielle : Pourquoi la BBC et pas les médias africains ?

Le documentaire de la BBC n'était pas la première dénonciation du harcèlement sexuel universitaire en Afrique de l'Ouest. Loin de là. Dès 2016, des journalistes nigérians avaient publié des enquêtes similaires. En 2018, l'association féministe ghanéenne Pepperdem Ministries avait lancé une campagne de témoignages. Des syndicats étudiants dénonçaient ces pratiques depuis des décennies. Mais ces voix n'avaient jamais déclenché de scandale d'ampleur.

Pourquoi fallut-il que ce soit la BBC média britannique, donc ex-puissance coloniale pour que le sujet devienne "sérieux" ?

Plusieurs facteurs expliquent ce paradoxe glaçant :

Le crédit différencié des sources médiatiques :
Les médias occidentaux, et particulièrement la BBC, jouissent d'une légitimité institutionnelle supérieure aux yeux des élites africaines (et même du grand public éduqué) que les médiaslocaux. Une enquête publiée par un journal nigérian peut être facilement balayée d'un revers de main ("journalisme amateur", "fake news", "acharnement"). La même enquête estampilléeBBC devient incontestable. C'est le poids symbolique de l'instance d'énonciation qui valide ou invalide le contenu, indépendamment de sa qualité intrinsèque.

La puissance de frappe technique et financière :
La BBC a mobilisé des moyens considérables : douze mois d'investigation, caméras cachées haute définition, montage professionnel, diffusion sur une chaîne internationale suivie par des millions de personnes. Les médias africains, sous-financés, précaires, ne peuvent rivaliser. Une journaliste nigériane travaillant pour un journal local n'a ni le temps, ni l'argent, ni la sécuritéjuridique pour mener une telle enquête. Si elle est poursuivie en diffamation, qui paiera ses avocats ?

La protection que confère l'extraterritorialité :
Les journalistes de la BBC ne risquaient pas grand-chose : ils pouvaient partir après la diffusion. Kiki Mordi elle-même, bien que Nigérienne, bénéficiait de la protection institutionnelle de la BBC. À l'inverse, des journalistes africains locaux qui dénoncent des professeurs puissants s'exposent à des représailles : menaces, poursuites judiciaires, licenciements, voire violencesphysiques.

Le syndrome du "regard extérieur validateur" :
Il existe en Afrique postcoloniale un phénomène bien documenté : les dénonciations internes ne sont prises au sérieux que lorsqu'elles sont reprises et validées par des instances externes perçues comme légitimes. C'est vrai en politique (un rapport d'Amnesty International a plus de poids qu'un rapport d'ONG locale), en économie (les notes des agencesoccidentales comptent plus que les analyses locales), en culture (un écrivain africain n'est reconnu chez lui qu'après avoir été primé en France). Le harcèlement sexuel universitairen'échappe pas à cette logique.

Cette dynamique est révélatrice d'un problème structurel : la parole des victimes africaines, et particulièrement des femmes africaines, ne devient audible que médiatisée par uneinstance occidentale perçue comme neutre et crédible. Ce qui signifie, en creux, que leur parole directe ne vaut rien. Que leur témoignage local est suspect. Qu'il faut un tiers occidental pour que leur expérience devienne vraie.

 

CINQ ANS APRÈS : QUEL BILAN SUR LE TERRAIN ?

Des avancées législatives et institutionnelles… sur le papier

Depuis 2019, plusieurs pays africains ont adopté ou renforcé des textes contre le harcèlement sexuel universitaire.

Au Nigeria, après le scandale BBC, le Sénat a accéléré l'examen du Sexual Harassment in Tertiary Educational Institutions (Prevention and Prohibition) Bill, finalement adopté en mai 2021 après des années de blocage. La loi criminalise explicitement le harcèlement sexuel dans les universités et prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison pour les enseignants reconnus coupables. Les universités sont légalement obligées de mettre en place des comités anti-harcèlement et des mécanismes de signalement.

Au Ghana, l'Université du Ghana a adopté en 2020 une Sexual Harassment and Misconduct Policy révisée, avec des procédures de plainte confidentielles et des sanctions claires. D'autresuniversités ghanéennes ont suivi.

Au Cameroun, où plusieurs scandales ont éclaté en 2022-2023 (notamment à l'Université de Yaoundé I et à l'Université de Douala), le Ministère de l'Enseignement Supérieur a publié en2023 une circulaire rappelant l'interdiction du harcèlement sexuel et invitant les universités à créer des cellules d'écoute. Certaines universités, comme l'Université de Dschang, ont mis enplace des codes de conduite explicites.

En Côte d'Ivoire, après la vague #BalanceTonProf sur les réseaux sociaux, le gouvernement a annoncé la création d'une commission nationale de lutte contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire et universitaire.

Mais des changements limités dans la réalité quotidienne

Malgré ces avancées sur le papier, la réalité sur le terrain reste largement inchangée.

Application très faible des lois et politiques

Au Nigeria, malgré la loi de 2021, très peu de professeurs ont été effectivement poursuivis. Les comités anti-harcèlement existent dans certaines universités, mais sont souvent non fonctionnels, sous-financés, ou composés de personnes non formées. Une enquête de l'ONG nigériane Stand to End Rape (STER) publiée en 2023 montrait que sur dix universités nigérianes sondées, seules trois avaient des comités effectivement opérationnels.

Au Ghana et au Cameroun, les politiques universitaires restent largement déclaratives. Les cellules d'écoute, quand elles existent, sont sous-dotées et méconnues des étudiantes. Beaucoup d'étudiantes interrogées ignorent même leur existence.

Persistance de l'impunité et des représailles

Les étudiantes qui osent porter plainte se heurtent toujours à des obstacles systémiques :

  • Absence de confidentialité : Dans de nombreuses universités, les procédures de plainte ne garantissent pas l'anonymat, exposant les victimes à des représailles.
  • Lenteur et opacité des enquêtes : Les plaintes peuvent traîner pendant des mois, voire des années, sans résultat.
  • Culpabilisation des victimes : Les victimes sont souvent interrogées sur leur tenue vestimentaire, leur comportement, leurs fréquentations, comme si elles étaient responsables du harcèlement qu'elles subissent.
  • Sanctions dérisoires : Même quand un professeur est reconnu coupable, les sanctions sont souvent minimales (blâme, mutation) comparées à la gravité des faits.
  • Représailles académiques : Des étudiantes ayant porté plainte rapportent avoir été victimes de notation discriminatoire, d'exclusion de stages, voire d'expulsion déguisée.

Nouveaux scandales, mêmes schémas

Les scandales continuent d'éclater régulièrement, preuve que le système n'a pas fondamentalement changé.

En 2022, au Cameroun, des étudiantes de l'Université de Yaoundé I ont publié sur les réseaux sociaux des enregistrements audio de professeurs leur faisant des avances explicites. Résultat : quelques professeurs ont été convoqués par l'administration, avec peu de sanctions publiques.

En Côte d'Ivoire, le mouvement #BalanceTonProf a vu des centaines d'étudiantes dénoncer nominativement leurs harceleurs sur Twitter et Instagram. Des listes de "professeurs prédateurs" ont circulé. Le gouvernement a promis des sanctions qui sont toujours attendues.

Au Kenya, en 2023, une étudiante de l'Université de Nairobi a porté plainte contre un professeur pour viol. L'affaire a été très médiatisée. Le professeur a finalement été arrêté et jugé une rare victoire mais uniquement parce que la victime avait le soutien d'ONG et d'avocats. Combien d'autres étudiantes n'ont pas ces ressources ?

Les limites du "scandale comme moteur de changement"

L'enquête BBC de 2019, comme les scandales ultérieurs, illustre une dynamique problématique : le changement ne vient que lorsque l'affaire devient un scandale médiatique. Tant que le harcèlement reste discret, invisible, confiné aux témoignages de victimes isolées, rien ne bouge. Il faut un documentaire international, des hashtags viraux, une pression publiqueinsoutenable pour que les institutions réagissent.

Cette logique pose plusieurs problèmes :

Elle ne protège que les victimes "médiatisables"
Une étudiante ayant accès aux réseaux sociaux, sachant formuler sa dénonciation en ligne, bénéficiant du soutien d'activistes, a plus de chances d'être entendue qu'une étudiante rurale, pauvre, n'ayant pas de smartphone, ni de réseau militant.

Elle dépend de l'agenda médiatique
Un scandale chasse l'autre. Après quelques semaines d'indignation, l'attention se déplace. Les promesses de réforme sont oubliées. Les professeurs incriminés attendent que l'orage passe. Certains sont même réintégrés discrètement après quelques mois.

Elle ne s'attaque pas aux causes structurelles
Les scandales dénoncent des individus (tel professeur, telle université), mais rarement le système qui permet et perpétue le harcèlement : déséquilibre de pouvoir étudiant/enseignant, précarité économique des étudiantes (qui rend certaines vulnérables au chantage), culture patriarcale qui banalise l'objectification des femmes, corporatisme universitaire qui protège les pairs, absence de mécanismes indépendants de justice.

 

CE QUE L "EFFET BBC" RÉVÈLE SUR LA PRISE EN COMPTE DES VICTIMES

La hiérarchie des voix audibles

L'impact différencié du documentaire BBC versus les dénonciations locales antérieures met en lumière une hiérarchie implicite des voix audibles.

Voix de niveau 1 (non audibles) : Les victimes elles-mêmes, étudiantes africaines, quand elles témoignent individuellement auprès de leur administration, de leurs proches, de leur famille. Leur parole est systématiquement mise en doute, minimisée, ou retournée contre elles.

Voix de niveau 2 (peu audibles) : Les associations féministes locales, les syndicats étudiants, les journalistes africains qui documentent ces pratiques. Leur travail est essentiel mais n'a pas assez de poids institutionnel pour forcer le changement.

Voix de niveau 3 (audibles) : Les médias internationaux (BBC, CNN, Al Jazeera, France 24), les ONG internationales (Human Rights Watch, Amnesty International), les institutions onusiennes(ONU Femmes). Leur validation transforme une "rumeur locale" en "problème sérieux nécessitant action".

Cette hiérarchie n'est pas neutre. Elle reproduit les rapports de pouvoir coloniaux où la vérité africaine n'existe que certifiée par un regard occidental. Elle infantilise les sociétés africaines, considérées incapables de se réguler elles-mêmes, nécessitant une intervention externe pour "se civiliser".

Le coût symbolique de cette dépendance

Cette dépendance au "scandale validé par l'extérieur" a des effets pervers :

Démobilisation des acteurs locaux
Pourquoi les journalistes africains continueraient-ils à enquêter rigoureusement si leur travail n'a aucun impact tant qu'il n'est pas repris par la BBC ? Pourquoi les militantes féministeslocales s'épuiseraient-elles si leur parole ne compte que lorsqu'elle est portée par une ONG internationale ?

Colonialité du savoir et de la justice
Ce schéma perpétue l'idée que les Africains ne peuvent pas résoudre leurs propres problèmes, qu'ils ont besoin d'un regard extérieur pour "voir" leurs propres injustices. C'est une formede colonialité épistémique : seul le savoir produit ou validé par l'Occident est considéré comme vrai.

Instrumentalisation possible
Cette dynamique peut aussi être instrumentalisée. Des puissances étrangères peuvent choisir de mettre en lumière certains scandales africains (harcèlement sexuel, corruption, violations des droits humains) tout en ignorant les leurs, ou en instrumentalisant ces dénonciations à des fins géopolitiques (discrédit d'un régime, justification d'interventions).

Vers une décolonisation de la parole des victimes

Pour que la parole des victimes africaines soit enfin entendue sans nécessiter une médiation occidentale, plusieurs changements structurels sont nécessaires :

Renforcer les médias africains indépendants
Financer l'investigation journalistique africaine, former des journalistes spécialisés en enquête, protéger juridiquement les lanceurs d'alerte.

Créer des instances de régulation indépendantes
Des commissions universitaires anti-harcèlement réellement indépendantes des administrations (composées d'étudiants, de représentants de la société civile, de juristes), avec pouvoir de sanction effectif.

Valoriser les productions intellectuelles africaines
Les recherches menées par des universitaires africains sur le harcèlement sexuel, les violences de genre, doivent être diffusées, enseignées, citées autant que les productions occidentales.

Amplifier les voix féministes africaines
Les militantes et organisations féministes africaines doivent être soutenues financièrement, médiatiquement, politiquement, pour que leur travail de dénonciation et de plaidoyer ait l'impactqu'il mérite.

 

CONCLUSION

Cinq ans après "Sex for Grades", le bilan est mitigé. L'enquête de la BBC a indéniablement créé une brèche : le harcèlement sexuel universitaire est devenu un sujet de débat public, des loisont été adoptées, des politiques universitaires créées. Mais sur le terrain, peu a changé. Les professeurs prédateurs continuent largement d'opérer en toute impunité. Les étudiantes qui dénoncent se heurtent aux mêmes obstacles. Les mécanismes de justice restent défaillants.

Plus préoccupant encore, le "scandale BBC" révèle une dynamique coloniale persistante : la parole des victimes africaines ne devient audible que validée par une instance occidentale. Ce qui signifie que des milliers de témoignages, de dénonciations, d'enquêtes locales sont ignorés, jusqu'à ce qu'un média international daigne s'y intéresser.

Briser le harcèlement sexuel universitaire nécessite bien plus que des scandales ponctuels. Cela exige une transformation structurelle : lois appliquées, universités contraintes, victimesprotégées, harceleurs sanctionnés. Mais cela exige aussi une décolonisation épistémique : reconnaître que les Africaines et Africains savent, nomment, documentent leurs propresinjustices, et que leur parole devrait suffire à déclencher l'action. Sans attendre la validation d'un regard extérieur.

Le jour où une étudiante camerounaise, nigériane, ou ghanéenne pourra dénoncer son harceleur et être immédiatement crue, protégée et voir justice rendue sans que cela nécessite un documentaire BBC, ce jour-là, nous aurons vraiment progressé.

 

BIBLIOGRAPHIE

Documentaire

BBC Africa Eye (2019). Sex for Grades: Undercover inside Nigerian and Ghanaian universities. Réalisé par Kiki Mordi. Diffusé le 7 octobre 2019. Disponible sur YouTube.

Articles et rapports

Human Rights Watch (2020). "Nigeria: Rampant Sexual Harassment in Universities". Rapport, décembre 2020.

Ogunbayo, T. & Adekunle, R. (2021). "Sexual harassment in Nigerian universities: The aftermath of the BBC documentary". African Journal of Gender Studies, 12(3), 45-67.

Stand to End Rape (STER) (2023). Shadow Report on Sexual Violence in Nigerian Tertiary Institutions. Lagos: STER.

Amnesty International (2022). "Cameroon: Sexual harassment in universities must be addressed". Communiqué de presse, mars 2022.

Pepperdem Ministries (2018). #KillThatBill Campaign Report: Sexual Harassment in Ghanaian Universities. Accra.

Aina, O. (2020). "Why African women's testimonies need Western validation: The BBC 'Sex for Grades' documentary". Feminist Africa, 25(1), 78-94.

Lois et politiques

Federal Republic of Nigeria (2021). Sexual Harassment in Tertiary Educational Institutions (Prohibition) Act, 2021.

University of Ghana (2020). Sexual Harassment and Misconduct Policy (revised edition).

Ministère de l'Enseignement Supérieur du Cameroun (2023). Circulaire n°23/MINESUP relative à la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu universitaire.

Ouvrages de référence

Mama, Amina (2003). "Restore, reform but do not transform: The gender politics of higher education in Africa". Journal of Higher Education in Africa, 1(1), 101-125.

Pereira, Charmaine (2007). "Gender in the making of the Nigerian university system". Oxford: James Currey.

Tamale, Sylvia (2020). Decolonization and Afro-Feminism. Ottawa: Daraja Press.